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Épisode 10Il est dans le livre, il jure l'avoir écritYaji et Kita : l'imposteur Jippensha Ikku

Après avoir ri aux larmes de la bévue de son compère, Yaji lâche, dans une auberge sur la route d'Ise : « Jippensha Ikku, c'est moi ! » Accueil en larmes, requêtes qui s'empilent : il est coincé, mais il dédaigne la porte de derrière et continue de jouer les « Maître ». Jusqu'à la question d'un paisible loueur de livres.

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

Le Tōkaidōchū Hizakurige est un kokkeibon, un roman comique populaire de l'époque d'Edo, que Jippensha Ikku commence à publier en 1802. Il suit deux habitants d'Edo (l'actuelle Tokyo), Yaji et Kita, qui parcourent à pied la grande route du Tōkaidō pour accomplir le pèlerinage d'Ise, vers le grand sanctuaire de cette région. Dans la cinquième partie, ils dépassent la ville de Kuwana et s'arrêtent pour la nuit à Yokkaichi. À l'auberge, Kita prépare une aventure galante pour la nuit. Son plan tourne court : un vacarme éclate dans l'obscurité et il devient la risée de tous.

Œuvre originaleYaji and Kita: The Great Tokaido Road Trip — Japon · 1802–1814

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L’histoire originale derrière cet épisode

Yaji, faux Jippensha Ikku : résumé de Tōkaidōchū Hizakurige, partie 5

En bref : Dans la cinquième partie du Tōkaidōchū Hizakurige, roman comique de Jippensha Ikku publié à partir de 1802, Yaji se présente comme l'auteur du livre pour impressionner un amateur de kyōka sur la route d'Ise. Reçu avec respect, il se révèle incapable de montrer le talent poétique attendu, puis repart démasqué et couvert de honte.

Résumé de l'histoire originale : de Yokkaichi à la route d'Ise

Le Tōkaidōchū Hizakurige est un kokkeibon, un roman comique populaire de l'époque d'Edo, que Jippensha Ikku commence à publier en 1802. Il suit deux habitants d'Edo (l'actuelle Tokyo), Yaji et Kita, qui parcourent à pied la grande route du Tōkaidō pour accomplir le pèlerinage d'Ise, vers le grand sanctuaire de cette région. Dans la cinquième partie, ils dépassent la ville de Kuwana et s'arrêtent pour la nuit à Yokkaichi.

À l'auberge, Kita prépare une aventure galante pour la nuit. Son plan tourne court : un vacarme éclate dans l'obscurité et il devient la risée de tous. Nous n'avons pas vérifié le détail de cette mésaventure sur le texte, et nous ne le préciserons donc pas ici.

Les deux compères quittent ensuite le Tōkaidō près de l'embranchement de Hinaga pour prendre la route d'Ise. Yaji y rencontre un amateur de kyōka, une poésie comique. Par vanité, il se présente comme Jippensha Ikku, l'auteur du Hizakurige. Ravi, son interlocuteur le croit et le traite avec beaucoup d'égards. Mais un auteur célèbre est censé briller en vers, et lorsqu'il faut montrer ce talent, Yaji s'effondre. Démasqué, il repart couvert de honte.

Certains points restent non confirmés dans nos recherches : le nom et le milieu de cet admirateur, le faste de l'accueil, ce qu'on demande exactement à Yaji (un poème, une calligraphie ou les deux) et ce qui le trahit finalement.

Pourquoi c'est drôle : un personnage imite son propre auteur

Le premier ressort est simple : un vantard pris à son propre mensonge. Le second est plus malin. Ikku glisse son nom dans son récit et le confie à l'une de ses créatures, qui s'en sert pour se faire respecter. Un personnage imite l'homme qui l'a inventé, et il s'y prend très mal.

La plaisanterie compte aussi sur ce que le public sait déjà : il fallait connaître Ikku et son livre. Dans l'histoire, la célébrité du Hizakurige est bien réelle, d'où la joie d'un inconnu à l'idée d'en rencontrer l'auteur. Ikku se moque ainsi à la fois de lui-même et de sa réputation. Un lecteur d'aujourd'hui y reconnaîtra le principe du caméo d'auteur ou du personnage qui remarque qu'il est dans un livre, ici dans un roman comique du début du XIXe siècle.

Le contexte : le kyōka et le pèlerinage d'Ise

Le kyōka, littéralement « vers fous », reprend le rythme 5-7-5-7-7 du waka, la poésie classique, mais remplace l'élégance par les jeux de mots, la parodie et les petites sottises du quotidien. Il connaît une grande vogue à Edo à la fin du XVIIIe siècle, et savoir lancer un vers spirituel vaut alors un vrai prestige. Le mensonge de Yaji est donc risqué : il s'attribue justement une identité que l'on peut mettre à l'épreuve sur-le-champ. Comme il aime lui-même versifier, sa confiance n'en est que plus comique.

Le pèlerinage d'Ise, de son côté, était à l'époque d'Edo un voyage prisé des gens ordinaires, et aussi une occasion de découvrir le pays. Le titre Hizakurige associe d'ailleurs les mots « genou » et « cheval alezan » : on voyage sur ses propres jambes en guise de monture. Loin de chez soi, personne ne vous connaît et l'on peut se prétendre n'importe qui. Yaji découvre combien de temps cela dure.

Ce que le manga change par rapport au texte d'origine

Le cœur de l'histoire reste le même : d'abord l'échec nocturne de Kita à Yokkaichi, puis la fausse identité de Yaji. Ce qui suit relève de la mise en scène du manga et ne doit pas être lu comme le contenu du texte original.

Dans le manga, Yaji rit aux larmes de la bévue de son compère, puis lance « Jippensha Ikku, c'est moi ! » dans une auberge sur la route d'Ise. Accueil en larmes, requêtes qui s'empilent : coincé, il dédaigne la porte de derrière et continue de jouer les « Maître », jusqu'à la question d'un paisible loueur de livres. Notre résumé de l'original parle d'un amateur de kyōka : nous n'y avons confirmé ni le loueur de livres ni la scène de la porte de derrière, à considérer comme propres au manga.

Les plats, le déroulement du banquet, la disposition des pièces, les expressions et les excuses de Yaji sont eux aussi des choix de création, tout comme le portrait de l'aubergiste poète (nom, métier, famille). Sauf s'ils sont présentés comme une traduction, les kyōka du manga sont écrits pour un public international : ne les attribuez pas à Ikku. De courtes notes expliquent la blague de l'auteur présent dans son propre livre, et la mésaventure de Yokkaichi est condensée en un gag rapide, sans rien d'explicite.

Où lire cet épisode en manga

Pour voir Yaji s'enfoncer un peu plus à chaque page, rendez-vous à l'épisode 10 de Tōkaidōchū Hizakurige : la folle virée de Yaji et Kita, ici sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et sans inscription. Celui-ci se lit seul, mais la chute est meilleure après quelques épisodes en compagnie de ces deux-là, quand on sait déjà à quel point il ne faut pas croire Yaji sur parole.

Personnages de cet épisode

Yaji
Habitant d'Edo d'âge mûr, vantard et blagueur, qui se croit poète et se fait passer ici pour l'auteur Jippensha Ikku.
Kita
Jeune compagnon de voyage et pique-assiette de Yaji, ancien acteur dit-on, dont le plan nocturne à Yokkaichi finit en humiliation.
L'amateur de kyōka (original)
Passionné de poésie comique rencontré sur la route d'Ise, qui admire l'auteur du Hizakurige et accueille Yaji de bonne foi ; le reste n'est pas confirmé dans nos recherches.
L'aubergiste poète (manga)
Hôte de l'auberge sur la route d'Ise dans le manga, dont le portrait est une création de cette adaptation.
Le loueur de livres (manga)
Homme paisible dont la question met Yaji en difficulté dans l'épisode 10 ; nous n'avons pas confirmé sa présence dans l'original.
Jippensha Ikku
Véritable auteur du Hizakurige (1765-1831), dont le nom et la réputation deviennent la plaisanterie quand son propre personnage les emprunte.

Questions fréquentes

De quoi parle le Tōkaidōchū Hizakurige ?

C'est un roman comique japonais de Jippensha Ikku, publié à partir de 1802. Il raconte le voyage de Yaji et Kita, deux habitants d'Edo, sur le Tōkaidō en direction d'Ise, entre farces, mensonges et combines ratées.

Pourquoi Yaji se fait-il passer pour Jippensha Ikku ?

Surtout par vanité. Sur la route d'Ise, il veut impressionner un amateur de kyōka, et son mensonge lui vaut un traitement flatteur jusqu'à ce qu'il s'écroule.

Yaji est-il démasqué ?

Oui. Dans l'original, on attend de lui le talent poétique d'un auteur, il ne parvient pas à tenir son rôle et il est exposé comme imposteur. Ce qui le trahit précisément reste non confirmé dans nos recherches.

Qu'est-ce qu'un kyōka ?

Le kyōka, ou « vers fous », est une forme comique de poésie japonaise qui reprend le rythme 5-7-5-7-7 du waka classique. Il repose sur les jeux de mots, la parodie et l'humour du quotidien, et il était très à la mode à Edo à la fin du XVIIIe siècle.

Jippensha Ikku apparaît-il dans son propre livre ?

Son nom et sa renommée sont utilisés dans l'histoire, et c'est le cœur de la plaisanterie de cet épisode. Nous n'avons pas confirmé qu'il y apparaisse aussi en personne.

Lire le manga depuis le début (gratuit)