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Épisode 2Trop fier pour demander, il se baigne en sabotsLe bain Goemon

Yaji ignore tout du bain Goemon de l'auberge, une cuve en fer chauffée par un feu de bois, mais il est trop fier pour l'avouer et clame : « Tout le monde sait ça ! » En douce, il se tire d'affaire en gardant ses sabots dans l'eau. Son compère Kita copie la combine, et leur premier bain sur la route, il y a 200 ans, tourne à la catastrophe.

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

Le Tōkaidōchū Hizakurige raconte le voyage à pied de deux citadins d’Edo (l’actuelle Tokyo), Yaji et Kita, sur le Tōkaidō, la grande route qui relie Edo à Kyoto. Ils partent en pèlerinage vers le grand sanctuaire d’Ise, en partie pour conjurer une période de malchance. Après Shinagawa, ils traversent des relais comme Kawasaki, Totsuka ou Ōiso, et à presque chaque étape ils provoquent de petites catastrophes, jouent des tours et improvisent des kyōka, de courts poèmes comiques.

Œuvre originaleYaji and Kita: The Great Tokaido Road Trip — Japon · 享和2年〜文化11年(1802〜1814年)

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L’histoire originale derrière cet épisode

Yaji, Kita et le bain Goemon : résumé du Hizakurige à Odawara

En bref : L’épisode du bain Goemon est une scène comique du Tōkaidōchū Hizakurige, roman de voyage de Jippensha Ikku dont la première partie paraît en 1802. À l’auberge d’Odawara, Yaji ignore comment utiliser cette cuve en fer chauffée par le feu, se baigne en cachette avec des geta aux pieds et ne dit rien à Kita. Celui-ci copie la combine, crève le fond de la cuve, et l’aubergiste leur fait payer la réparation.

Le récit original : un bain, une paire de geta et une cuve crevée

Le Tōkaidōchū Hizakurige raconte le voyage à pied de deux citadins d’Edo (l’actuelle Tokyo), Yaji et Kita, sur le Tōkaidō, la grande route qui relie Edo à Kyoto. Ils partent en pèlerinage vers le grand sanctuaire d’Ise, en partie pour conjurer une période de malchance. Après Shinagawa, ils traversent des relais comme Kawasaki, Totsuka ou Ōiso, et à presque chaque étape ils provoquent de petites catastrophes, jouent des tours et improvisent des kyōka, de courts poèmes comiques.

Arrivés à Odawara, ville fortifiée, ils dorment dans une auberge équipée d’un bain Goemon : une cuve en fer posée directement sur un feu de bois. L’eau est chaude, mais le fond métallique l’est bien davantage. Pour se baigner sans se brûler, il faut monter sur une planche de bois qui flotte à la surface et l’enfoncer de tout son poids, afin qu’elle s’intercale entre les pieds et le fer.

Yaji n’en a jamais vu. Il prend la planche flottante pour un couvercle, la retire, entre dans l’eau et manque de se griller la plante des pieds. Plutôt que de demander, il attrape une paire de geta (sabots de bois) qui traînent par là, les chausse et prend son bain avec. Certains lecteurs pensent qu’il s’agit des sabots des toilettes, ce qui rend la plaisanterie encore plus crue. Puis il sort de l’eau l’air parfaitement serein, sans rien expliquer à Kita.

Kita entre à son tour, trouve le fond brûlant, repère les geta et reprend l’astuce. Mais à force de gigoter avec, il passe à travers le fond de la cuve. L’eau chaude se répand, le personnel accourt et toute l’auberge est sens dessus dessous. L’aubergiste sermonne les deux voyageurs et leur fait payer la réparation ; le lendemain matin, penauds, ils quittent Odawara pour Hakone.

Les personnages principaux

Yaji est un homme d’âge mûr du quartier de Hatchōbori, à Kanda, dans Edo. Jovial, vaniteux et je-sais-tout, il a toujours un poème comique ou une farce en réserve. La scène du bain met à nu son grand défaut : il préfère risquer de s’ébouillanter plutôt que d’avouer son ignorance, et il laisse son ami tomber dans le même piège.

Kita, plus jeune, vit chez Yaji en pique-assiette. Impulsif et coureur, il rivalise sans cesse avec son aîné, qui le dupe souvent ; ici, c’est pourtant lui qui casse la cuve. Leur passé (Yaji ruiné dans la province de Suruga, Kita ancien acteur ambulant) vient d’un volume préliminaire ajouté par Ikku en 1814, et non de la première partie de 1802.

L’aubergiste d’Odawara et le personnel de l’auberge n’ont que des rôles secondaires. Le texte original en dit peu de chose, hormis la colère de l’aubergiste et sa demande de dédommagement.

Ce que raconte l’histoire : voyager et rire à l’époque d’Edo

Vers 1800, les gens du peuple voyagent en grand nombre au Japon, et le pèlerinage d’Ise est un prétexte socialement admis pour partir longtemps. Le titre est lui-même un jeu de mots : hizakurige désigne un « cheval alezan fait de ses propres genoux », autrement dit la marche à pied. Le livre d’Ikku devient l’un des romans comiques les plus vendus de son temps, et l’auteur lui ajoute des suites pendant une vingtaine d’années.

Une bonne part du comique naît de citadins d’Edo qui se croient raffinés et se heurtent à des coutumes locales qu’ils ne comprennent pas. Le bain Goemon étant plus répandu dans l’ouest du Japon, il est plausible que deux hommes d’Edo ignorent son fonctionnement. Son nom est généralement rattaché à Ishikawa Goemon, voleur légendaire qui, selon la tradition, aurait été exécuté en étant bouilli dans un chaudron à la fin du XVIe siècle : un humour noir que les lecteurs d’Edo saisissaient aussitôt.

Odawara était aussi la dernière grande étape avant le col escarpé de Hakone et son poste de contrôle : l’endroit idéal pour se reposer et prendre un bain. La morale, s’il en faut une, reste d’actualité : faire semblant de tout savoir coûte souvent plus cher que de poser la question.

Ce que le manga change

Les événements centraux du manga suivent l’original : Yaji ne sait pas utiliser le bain, il le cache par orgueil, il se sert de geta, Kita l’imite, la cuve cède et l’aubergiste explose de colère. Le manga ajoute surtout des détails visuels et émotionnels que le texte laisse dans l’ombre.

L’aspect de l’auberge et de la salle de bain, les visages et le caractère de l’aubergiste d’Odawara et de la servante de l’auberge, les pensées intérieures de Yaji pendant qu’il se tait, ou sa réaction quand il manque de se brûler, sont des inventions du manga. Le fracas de la cuve et la foule qui accourt sont exagérés pour l’effet comique. Pour les lecteurs étrangers, une case-schéma montre comment fonctionne un bain Goemon. La scène du paiement est traitée avec prudence, et les tenues de voyage des deux héros ont été dessinées d’après l’époque, sans copier de films ou de bandes dessinées antérieurs.

Où le lire

Pour voir le bluff impassible de Yaji et le plongeon spectaculaire de Kita, lisez l’épisode 2 de « Tōkaidōchū Hizakurige : la folle virée de Yaji et Kita » ici même, sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et sans inscription : vous pouvez reprendre depuis le début ou suivre simplement le duo sur la route de Hakone.

Personnages de cet épisode

Yaji
Citadin d’Edo vaniteux et farceur, qui préfère se baigner en geta plutôt qu’avouer qu’il ignore comment fonctionne un bain Goemon.
Kita
Le jeune compagnon impulsif de Yaji, qui copie l’astuce des geta et passe à travers le fond de la cuve.
L'aubergiste d'Odawara
Le patron de l’auberge, furieux de voir son bain détruit, qui fait payer la réparation aux deux voyageurs.
La servante de l'auberge d'Odawara
Employée qui accueille les clients ; son visage et son caractère sont une création du manga.
Clients et personnel de l'auberge d'Odawara
Figurants qui accourent dans le vacarme quand la cuve se brise.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Tōkaidōchū Hizakurige ?

C’est un roman de voyage comique de Jippensha Ikku, dont la première partie paraît en 1802. Il suit deux hommes d’Edo, Yaji et Kita, qui marchent sur le Tōkaidō vers le sanctuaire d’Ise en enchaînant les mésaventures.

Qu’est-ce qu’un bain Goemon ?

C’est une baignoire japonaise traditionnelle en fer, chauffée par un feu placé juste en dessous. Le baigneur monte sur une planche de bois flottante et l’enfonce pour que ses pieds ne touchent pas le fond brûlant.

Pourquoi l’appelle-t-on bain Goemon ?

Le nom est généralement associé à Ishikawa Goemon, voleur légendaire qui, selon la tradition, aurait été exécuté en étant bouilli dans un chaudron à la fin du XVIe siècle.

Que se passe-t-il dans la scène du bain d’Odawara ?

Yaji ne comprend pas l’usage de la planche, manque de se brûler et se baigne en secret avec des geta, sans prévenir Kita. Kita l’imite, crève le fond de la cuve, et l’aubergiste leur fait payer les dégâts.

Que signifie « Hizakurige » ?

Le mot signifie littéralement « cheval alezan fait de genoux ». C’est une plaisanterie pour dire qu’on n’a pas de cheval et qu’on voyage sur ses deux jambes.

Lire le manga depuis le début (gratuit)