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Épisode 5Un espion parmi cent, démasqué d'un seul « Assis »tachisuguri

Pour sauver un camp privé de sommeil, où veille son petit frère, le shinobi chevronné Yahei se fond parmi l'ennemi afin de remonter jusqu'à son repaire. Il a tout volé : la démarche, le mot de passe. Mais leur chef, un colosse, lâche d'une voix grave un seul mot : « Assis ».

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

L’histoire vient du Hojo Godaiki, chronique des cinq générations du clan Hojo, qui domina une grande partie de l’est du Japon à l’époque des provinces en guerre. Elle évoque des hommes que l’on appelait rappa dans la région du Kanto : des pillards et des espions à gages, au passé criminel, dont le texte reconnaît pourtant la ruse. Hojo Ujinao, chef du clan, en entretenait deux cents, répartis en quatre bandes : brigands des montagnes, pirates, bandits de grand chemin et voleurs. À leur tête se trouvait Fuma Kotaro.

Œuvre originaleNINJA: Shadows of the Warring States — Japon · Hōjō godaiki (1641), Bansenshūkai (1676) and the Tachikawa Bunko Sarutobi Sasuke (1914)

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L’histoire originale derrière cet épisode

Fuma Kotaro et le tachisuguri : le test anti-espion du Hojo Godaiki

En bref : Le tachisuguri est le test qui démasque les espions dans le Hojo Godaiki, une chronique japonaise du début de l’époque d’Edo : au signal, tous les rappa de Fuma Kotaro se lèvent ou s’assoient en même temps. Des hommes du camp Takeda, glissés parmi les pillards qui se retirent après un raid de nuit, ne connaissent pas ce signal, se trahissent par leurs gestes et sont tués.

Le récit d’origine : des raids de nuit sur la rivière Kise

L’histoire vient du Hojo Godaiki, chronique des cinq générations du clan Hojo, qui domina une grande partie de l’est du Japon à l’époque des provinces en guerre. Elle évoque des hommes que l’on appelait rappa dans la région du Kanto : des pillards et des espions à gages, au passé criminel, dont le texte reconnaît pourtant la ruse. Hojo Ujinao, chef du clan, en entretenait deux cents, répartis en quatre bandes : brigands des montagnes, pirates, bandits de grand chemin et voleurs. À leur tête se trouvait Fuma Kotaro.

L’armée d’Ujinao fait face à celle de Takeda Katsuyori, seigneur du clan rival, de part et d’autre de la rivière Kise, à la frontière des provinces de Suruga et d’Izu. On situe souvent cet affrontement vers 1581, mais cette date est une identification proposée par des lecteurs plus tardifs, et non un détail établi du récit.

À la faveur de l’obscurité, de la pluie et du vent, la bande de Kotaro traverse la rivière pour frapper le camp Takeda. Ses hommes capturent des soldats, tranchent les longes des chevaux et s’enfuient avec eux, allument des incendies et poussent des cris de guerre de tous côtés. L’ennemi ne sait plus ni combien ils sont ni où ils se tiennent. Dans le camp, chaque tombée de la nuit devient une épreuve.

Des hommes du camp Takeda tentent alors une riposte audacieuse : ils se mêlent aux pillards qui se retirent pour les suivre jusqu’aux lignes des Hojo. Mais la bande a prévu ce cas. À un signal convenu d’avance, tous se lèvent d’un seul mouvement, puis s’assoient de même. C’est le tachisuguri et l’isuguri, que l’on pourrait rendre librement par « tri debout » et « tri assis ». Ignorant le signal, les intrus se décalent, sont repérés et abattus.

Les personnages principaux : qui est qui ?

Fuma Kotaro est celui que la plupart des lecteurs viennent chercher. La chronique en fait un géant effrayant : on cite d’ordinaire une taille de sept shaku et deux sun, soit bien plus de deux mètres, avec un corps massif, des yeux féroces et bridés, une large bouche laissant voir des crocs, une tête allongée et un nez haut. Sa voix forte porterait très loin, tandis que sa voix basse ne serait qu’un râle presque inaudible. Selon certains récits, Kotaro aurait été un nom transmis de chef en chef plutôt que celui d’un seul homme.

Hojo Ujinao et Takeda Katsuyori sont des seigneurs bien réels, mais cet épisode dit peu de chose de leur caractère : le premier emploie les rappa, le second subit leurs attaques. Quant aux infiltrés, ils restent anonymes, sans passé ni motivations connus.

Ce que cette histoire révèle du Japon des provinces en guerre

Le récit montre comment des combattants irréguliers pouvaient servir un grand clan. Au XVIe siècle, les seigneurs rivaux sont presque sans cesse en guerre, et un raid qui prive l’ennemi de sommeil, de chevaux et de confiance a de la valeur même sans grande bataille. Si les Hojo salarient des hors-la-loi, c’est que leurs talents conviennent exactement à ce type de conflit.

L’histoire nuance aussi l’image populaire du ninja. On n’y trouve ni assassins vêtus de noir ni tours de magie, mais des pillards organisés qui se servent de la nuit, du bruit et de la peur. Rappa est le terme régional employé ici ; les récits modernes rangent souvent ces hommes sous l’étiquette plus large de ninja ou de shinobi.

L’idée la plus frappante reste le test lui-même. Un espion peut copier un vêtement et se fondre dans la foule, mais un réflexe inculqué à tout un groupe est bien plus difficile à imiter. Le tachisuguri agit comme un contrôle de sécurité inscrit dans le corps : chaque membre de la bande devient un témoin contre l’inconnu.

Mieux vaut toutefois lire ce récit avec prudence. Son auteur, Miura Joshin, écrit au début de l’époque d’Edo, après la chute des Hojo, et le livre circule en éditions imprimées durant l’ère Kan’ei. Ses détails saisissants, comme l’apparence monstrueuse de Kotaro, relèvent davantage du récit de guerre mémorable que du témoignage vérifié.

Ce que le manga change et ajoute

Le cœur de l’épisode suit la chronique : les raids nocturnes qui terrorisent le camp Takeda, un ennemi glissé parmi les pillards en retraite et un test fondé sur un mouvement d’ensemble au signal.

Le drame personnel, lui, est en grande partie nouveau. La chronique ne nomme aucun infiltré : Yahei, l’espion chevronné, est une création du manga, tout comme son caractère, sa famille et ses motivations. Son petit frère, le jeune soldat de l’épisode 4, et le lien qui les unit sont eux aussi inventés. Le texte d’origine parle d’un groupe d’infiltrés, dont on ne peut confirmer le nombre, alors que le manga se concentre sur un seul homme. Son titre évoque par ailleurs cent hommes, là où la chronique en compte deux cents.

La mise en scène appartient également au manga : les échanges entre Kotaro et Yahei, le moment précis où l’espion est découvert, le terrain de la retraite, les costumes et l’équipement des pillards. Le signal donné par Kotaro lui-même, d’un seul mot grave, « Assis », est un choix dramatique qu’il ne faut pas prendre pour un détail confirmé de la source. De même, la démarche et le mot de passe volés par Yahei relèvent de cet épisode.

Où lire ce manga gratuitement

Pour ressentir la tension de cet instant plutôt que de simplement la lire résumée, rien ne vaut la page dessinée : un homme seul au milieu de l’ennemi, qui attend un mot auquel il ne peut pas se préparer. L’épisode 5 de Chroniques ninja : les ombres de Fuma, Iga et Koga est à lire sur Manga Portal, avec le reste de la série. Tous les épisodes sont gratuits et aucune inscription n’est nécessaire. Pour comprendre pourquoi le camp ne dort plus et qui Yahei veut sauver, vous pouvez commencer par l’épisode 4.

Personnages de cet épisode

Fuma Kotaro
Chef géant des rappa au service du clan Hojo, il mène les attaques nocturnes contre le camp Takeda.
Hojo Ujinao
Chef du clan Hojo, il entretient deux cents rappa et affronte les Takeda sur la rivière Kise.
Takeda Katsuyori
Seigneur du clan rival, dont le camp subit les raids répétés des pillards.
Les rappa de Fuma (quatre bandes)
Deux cents pillards issus du brigandage, de la piraterie et du vol, rompus aux attaques de nuit et entraînés à bouger comme un seul homme au signal.
Les infiltrés du camp Takeda
Hommes anonymes de la chronique, mêlés aux pillards en retraite et démasqués par l’épreuve debout-assis.
Yahei
Espion chevronné inventé pour le manga, il infiltre l’ennemi pour sauver un camp privé de sommeil et son petit frère.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le tachisuguri ?

Le tachisuguri est une méthode pour démasquer les infiltrés décrite dans le Hojo Godaiki, associée à une variante assise appelée isuguri. À un signal convenu, tous les membres du groupe se lèvent ou s’assoient au même moment. Celui qui ignore le signal se décale et se révèle comme un ennemi.

Qui était Fuma Kotaro ?

Fuma Kotaro est le chef des rappa, pillards et espions à gages au service du clan Hojo à l’époque des provinces en guerre. Le Hojo Godaiki le décrit comme un homme immense, doté de crocs, qui mène des raids de nuit contre les Takeda. Son image populaire doit beaucoup à ce texte, et selon certains, ce nom aurait pu être porté par plusieurs chefs successifs.

Les rappa étaient-ils des ninjas ?

Rappa est un mot régional du Kanto désignant des pillards et des espions à gages, que les récits modernes rangent souvent avec les ninjas ou les shinobi. Les hommes de cette histoire ressemblent davantage à des pillards de nuit organisés qu’aux assassins vêtus de noir de la culture populaire. La chronique leur attribue un passé de brigands, de pirates ou de voleurs.

L’histoire de Fuma Kotaro et de la rivière Kise est-elle vraie ?

Hojo Ujinao et Takeda Katsuyori ont bien existé, et leurs clans étaient rivaux dans cette région. En revanche, le détail des raids et de l’épreuve debout-assis provient d’une chronique écrite après la chute des Hojo et reste difficile à vérifier. Mieux vaut y voir un récit de guerre pouvant contenir une part d’histoire, plutôt qu’un document établi.

Yahei apparaît-il dans le Hojo Godaiki ?

Non. La chronique ne donne ni le nom ni le passé des infiltrés. Yahei et le lien qui l’unit à son petit frère ont été créés pour le manga Chroniques ninja : les ombres de Fuma, Iga et Koga.

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