Épisode 5Sa hache est sur la Lune ? Plantons un haricotLe baron de Münchhausen : la hache d’argent et la Lune
Épisode 5 de la série. Prisonnier chargé de garder des abeilles, le baron de Münchhausen envoie jusqu’à la Lune la hache d’argent qu’on lui a confiée, puis répond sans ciller : « Eh bien, je vais planter un haricot. » Note : le cadre du récit et son auditeur, le chef jardinier et le délai de l’inspection, ainsi que l’apparition du sultan, sont des ajouts de cette adaptation.
Cet épisode s’appuie sur ce que les éditions anglaises comptent en général comme le chapitre 6 des aventures du baron de Münchhausen ; la numérotation et le découpage peuvent toutefois varier d’une édition à l’autre. Le baron, qui raconte à la première personne, combat les Turcs lorsqu’il est submergé par le nombre et fait prisonnier. Il est ensuite vendu comme esclave. Sa nouvelle tâche est plus étrange que pénible : chaque matin, il conduit les abeilles du sultan au pâturage, les surveille toute la journée comme un troupeau, puis les ramène le soir à leurs ruches.
Le baron de Münchhausen et la Lune : résumé de la hache d’argent
En bref : La hache d’argent et la Lune est un récit des aventures du baron de Münchhausen, publiées en anglais par Rudolf Erich Raspe en 1785. Prisonnier chargé de garder les abeilles du sultan, le baron lance sa hache si maladroitement qu’elle atteint la Lune, y grimpe le long d’un plant de haricot pour la reprendre, puis retombe sur Terre au bout d’une corde de paille qui se rompt.
Résumé du récit original : la hache d’argent du baron de Münchhausen
Cet épisode s’appuie sur ce que les éditions anglaises comptent en général comme le chapitre 6 des aventures du baron de Münchhausen ; la numérotation et le découpage peuvent toutefois varier d’une édition à l’autre. Le baron, qui raconte à la première personne, combat les Turcs lorsqu’il est submergé par le nombre et fait prisonnier. Il est ensuite vendu comme esclave. Sa nouvelle tâche est plus étrange que pénible : chaque matin, il conduit les abeilles du sultan au pâturage, les surveille toute la journée comme un troupeau, puis les ramène le soir à leurs ruches.
Un soir, il manque une abeille. Le baron l’aperçoit aux prises avec deux ours qui convoitent le miel qu’elle transporte. Sa seule arme est la hache d’argent, l’insigne des jardiniers et des cultivateurs du sultan. Il la lance pour effrayer les bêtes, mais le geste tourne mal : la hache s’élève, continue de monter et finit par atteindre la Lune.
N’importe qui aurait renoncé. Le baron, lui, se souvient que les haricots de Turquie poussent vite et très haut, et il en plante un. La tige s’élance, s’enroule autour d’une des cornes de la Lune, et il n’a plus qu’à grimper. Le plus dur reste la recherche, car là-haut tout brille comme de l’argent. Il finit par retrouver sa hache dans un tas de balle et de paille hachée.
Comment il redescend de la Lune : corde de paille, chute et trou profond
C’est au retour que l’histoire devient franchement absurde. Pendant les recherches, la chaleur du Soleil a desséché le plant de haricot, désormais inutilisable. Le baron tresse donc la paille hachée en une corde, l’attache à une corne de la Lune et se laisse glisser jusqu’au bout. Il se retient alors de la main gauche, coupe avec la hache le tronçon situé au-dessus de lui et le noue à l’extrémité inférieure. Il répète l’opération encore et encore.
À force d’être coupée et renouée, la corde s’affaiblit. Elle cède alors qu’il se trouve encore à quatre ou cinq milles du sol au moins, un chiffre qui peut changer selon les éditions. Le choc l’assomme, et il se réveille au fond d’un trou d’au moins neuf brasses, soit environ 16 mètres, creusé par la force de son propre impact. Il en sort en taillant un passage avec ses ongles. Certains textes précisent que ces ongles poussaient depuis quarante ans, détail à considérer comme propre à certaines éditions.
Le chapitre passe ensuite à autre chose : la paix avec les Turcs rend au baron sa liberté, et il prend le chemin du retour. Ce voyage apporte d’autres exploits, comme une voiture qu’il porte par-dessus une haie ou un cor de postillon dont les notes gèlent, mais ils ne font pas partie de cet épisode. On croise aussi parfois une suite où le baron piège des ours avec du miel ; elle dépend peut-être de l’édition, et nous n’avons pas pu vérifier où elle se situe.
Les personnages principaux du récit
La distribution est réduite. Le baron occupe toute la place, à la fois héros et narrateur, et le chapitre ne dit rien de son apparence. Le sultan n’est guère plus qu’un nom dans l’intrigue principale : il possède les abeilles et le domaine, mais ni son caractère ni sa cour ne sont décrits. L’abeille et les deux ours servent surtout à déclencher la catastrophe, et le baron, en traitant les ours de brigands, donne à une minuscule querelle animale le ton d’une grave affaire criminelle.
Que signifie cette histoire ? Vantardise et Europe du XVIIIe siècle
Les aventures du baron de Münchhausen appartiennent à la tradition du récit de vantard, où le plaisir vient d’un événement impossible raconté comme un simple fait. Cet épisode montre bien le mécanisme. Chaque étape obéit à une sorte de logique : un outil perdu doit être récupéré, une plante haute peut s’escalader, une corde peut se rallonger. Les conclusions sont absurdes, mais le baron ne l’admet jamais. Même les cornes du croissant de Lune, d’ordinaire simple image, deviennent des objets solides auxquels on noue une corde.
Un homme réel se cache derrière le personnage. Hieronymus Karl Friedrich von Münchhausen (1720-1797), noble allemand, a servi dans l’armée russe contre l’Empire ottoman, et il aurait eu la réputation de raconter des histoires exagérées. Raspe, écrivain d’origine allemande installé en Grande-Bretagne, publie le livre anglais de façon anonyme en 1785. Le poète Gottfried August Bürger en donne ensuite une version allemande augmentée, parue en 1786 et 1788. Beaucoup de lecteurs y voient une parodie des soldats fanfarons et des récits de voyage peu fiables, mais on peut aussi l’apprécier comme une pure fantaisie comique.
Le texte porte aussi la marque de son temps. La remarque désinvolte du baron, pour qui être vendu comme esclave serait typique des Turcs, traduit un regard européen sur le monde ottoman. Il faut la lire comme la voix du narrateur, et non comme un fait historique.
Ce que le manga change par rapport à l’original
Le cœur de l’épisode vient bien du texte original : la capture, la garde des abeilles, les ours, le lancer raté de la hache d’argent et l’idée de planter un haricot. Plusieurs éléments ont en revanche été créés pour cette adaptation. Le cadre du récit et son auditeur, Théo, sont nouveaux. Il en va de même du chef jardinier et du délai de l’inspection, qui ajoutent une pression absente de l’original. L’apparition du sultan, avec une cour où personne ne rit, est elle aussi une invention : l’original le laisse presque toujours hors champ et se déroule surtout entre le domaine et le pâturage.
Le manga comble également ce que le chapitre laisse en blanc : le visage et le costume du baron, ses pensées, sa manière de distinguer les abeilles, l’allure et les réactions des ours. La réplique impassible « Eh bien, je vais planter un haricot. » est une formulation du manga, même si elle reflète le flegme du narrateur d’origine. Pour démêler le vrai du neuf, retenez ce repère : l’intrigue folle appartient au livre du XVIIIe siècle, alors qu’une bonne part de la comédie autour des personnages est récente.
Où lire ce récit en manga
Vous pouvez lire cette histoire dans l’épisode 5 de Le baron de Münchhausen : quatorze nuits de récits impossibles, ici sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et aucune inscription n’est nécessaire. Si vous aimez l’humour pince-sans-rire, cet épisode est une bonne porte d’entrée ; vous pouvez aussi repartir de l’épisode 1 et suivre, nuit après nuit, des affirmations de plus en plus impossibles.
Personnages de cet épisode
Le baron de Münchhausen
Narrateur fanfaron et soldat capturé, il raconte des aventures impossibles comme s’il s’agissait de simples faits.
Le sultan
Maître du baron et propriétaire des abeilles et du domaine, presque toujours hors champ dans l’original mais présent en personne dans le manga.
Les abeilles du sultan
Le troupeau dont le baron a la garde ; c’est pour sauver l’une d’elles, chargée de miel, qu’il lance sa hache.
Les deux ours
Attirés par le miel et traités de brigands par le baron, ils provoquent par leur attaque le lancer de la hache.
Le chef jardinier
Personnage créé pour le manga, absent du chapitre original, qui fait peser sur le baron le délai d’une inspection.
Théo
Jeune auditeur inventé pour le manga, à qui s’adressent les récits du baron.
Questions fréquentes
Pourquoi le baron de Münchhausen va-t-il sur la Lune ?
Il va y récupérer sa hache d’argent, l’insigne des jardiniers et des cultivateurs du sultan. Il l’avait lancée sur deux ours qui attaquaient une abeille, et le lancer l’a envoyée jusqu’à la Lune. Il y monte en grimpant le long d’un plant de haricot à la croissance très rapide.
Comment le baron de Münchhausen redescend-il de la Lune ?
Le Soleil ayant desséché le plant de haricot, il fabrique une corde de paille hachée et s’y laisse glisser. Il coupe sans cesse le tronçon au-dessus de lui pour le nouer en bas, jusqu’à ce que la corde affaiblie se rompe, encore à plusieurs milles du sol. Il tombe dans un trou profond et en sort en creusant avec ses ongles.
Le baron de Münchhausen a-t-il vraiment existé ?
Oui, le personnage porte le nom de Hieronymus Karl Friedrich von Münchhausen, noble allemand qui a servi dans l’armée russe contre l’Empire ottoman. Il aurait eu la réputation de raconter des histoires exagérées. Les aventures du livre relèvent toutefois de la fiction.
Qui a écrit les aventures du baron de Münchhausen ?
Rudolf Erich Raspe a publié anonymement la première version anglaise en 1785, sous le titre Baron Munchausen's Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia. Gottfried August Bürger en a ensuite tiré une version allemande augmentée, parue en 1786 et 1788. Le titre et le contenu varient selon les éditions ultérieures.
Le sultan apparaît-il dans le récit original comme dans le manga ?
Non, son apparition à l’image a été créée pour le manga. Dans l’intrigue principale du chapitre, il est mentionné comme propriétaire des abeilles et du domaine, sans être développé comme personnage. Le chef jardinier et le délai de l’inspection sont eux aussi des ajouts.