Épisode 2Dans l'horloge, le petit dernier a tout vuLe Loup et les sept chevreaux
Deuxième épisode des Contes de Grimm. Maman Chèvre est sortie. Le Loup déguise sa voix, puis ses pattes, et frappe trois fois à la porte. Caché dans le coffre de l'horloge, le petit dernier entend tout depuis le noir. Puis, pour sauver sa famille, il doit courir seul jusqu'à la maison.
Le Loup et les sept chevreaux (Grimm) : résumé, sens et personnages
Résumé du conte : que se passe-t-il dans « Le Loup et les sept chevreaux » ?
« Le Loup et les sept chevreaux » (en allemand Der Wolf und die sieben jungen Geißlein) porte le numéro 5 dans le célèbre recueil des frères Grimm, les Contes de l'enfance et du foyer. Ce résumé suit la dernière édition, celle de 1857. Une vieille chèvre, Maman Chèvre, a sept petits qu'elle aime comme toute mère aime ses enfants. Avant de partir chercher à manger dans la forêt, elle les met en garde : si le Loup entre, il les dévorera tout entiers. Il sait se déguiser, explique-t-elle, mais on le reconnaît toujours à sa voix rauque et à ses pattes noires. Les petits promettent d'être prudents, et elle s'en va rassurée.
Le Loup frappe trois fois à la porte. La première fois, il prétend être leur mère et avoir rapporté un cadeau pour chacun. Mais sa voix est rauque, et les chevreaux refusent d'ouvrir : leur mère, disent-ils, a une voix douce. Le Loup achète alors un gros morceau de craie chez l'épicier et l'avale pour adoucir sa voix. À la deuxième visite, la voix passe l'épreuve, mais il pose une patte noire sur le rebord de la fenêtre, et il est de nouveau démasqué. Il prétend ensuite s'être blessé et demande au boulanger de lui enduire la patte de pâte, puis exige du meunier qu'il la saupoudre de farine blanche. Le meunier flaire la ruse et refuse, jusqu'à ce que le Loup menace de le manger. Il cède, et le narrateur glisse au passage une remarque pince-sans-rire : ainsi sont faits les hommes.
À la troisième visite, le Loup montre une patte blanche, et les chevreaux ouvrent. Pris de panique, ils se cachent sous la table, dans le lit, dans le four, dans la cuisine, dans l'armoire, sous la bassine, et le petit dernier dans le coffre de l'horloge. Le Loup en trouve six et les avale tout rond. Seul le petit dernier, dans l'horloge, n'est pas découvert. Repu et somnolent, le Loup sort s'allonger sous un arbre, dans un pré, et s'endort.
Le sauvetage, les pierres et le puits
Maman Chèvre rentre et trouve la maison dévastée : porte grande ouverte, meubles renversés, bassine brisée, literie jetée par terre. Elle appelle chacun de ses petits par son nom, sans réponse. Quand elle appelle le plus jeune, une petite voix lui répond depuis le coffre de l'horloge. En apprenant ce qui s'est passé, elle pleure.
Elle sort avec le petit dernier et découvre le Loup qui ronfle si fort que les branches en tremblent. Quelque chose remue dans son ventre gonflé. Pensant que ses enfants sont peut-être encore en vie, elle envoie le petit dernier chercher des ciseaux, du fil et une aiguille. Elle ouvre le ventre du Loup, et les six chevreaux en sortent l'un après l'autre, sains et saufs : dans sa gloutonnerie, le Loup les avait avalés sans les mâcher. Puis elle leur fait ramasser de grosses pierres, en remplit le ventre du Loup endormi et le recoud en vitesse.
À son réveil, le Loup a terriblement soif. En marchant vers le puits, il sent les pierres cogner en lui et se plaint en une courte rime : il croyait avoir mangé six chevreaux, mais on dirait des cailloux. En se penchant pour boire, il est entraîné par le poids, tombe dans le puits et se noie. Les chevreaux accourent en criant que le Loup est mort, et dansent de joie autour du puits avec leur mère.
Les personnages principaux
Maman Chèvre est la véritable héroïne : assez prévoyante pour apprendre à ses enfants à reconnaître le Loup, assez calme pour remarquer le mouvement dans son ventre, assez rapide pour couper, sauver et recoudre. Le Loup est un méchant rusé et vorace, dont les déguisements demandent une vraie préparation ; mais c'est justement sa gloutonnerie (avaler sans mâcher) qui sauve ses victimes. Les chevreaux déjouent deux pièges avant de tomber dans le troisième ; dans le texte original, ils n'ont ni nom ni caractère propre. Le petit dernier est le témoin et l'allié qui survit dans l'horloge. L'épicier, le boulanger et le meunier ont de petits rôles, mais la complicité craintive du meunier offre au conte son commentaire le plus mordant sur la nature humaine.
Origine et sens du conte
Jacob Grimm et Wilhelm Grimm étaient deux savants de Kassel, en Hesse, qui ont recueilli des contes populaires au début du XIXe siècle. La première édition paraît en 1812, et Wilhelm en retravaille le texte jusqu'à la septième, en 1857. Les notes des frères rattachent ce conte à la tradition orale de Hesse. Selon certains chercheurs, il viendrait d'une famille de leur entourage à Kassel, comme les Hassenpflug, mais l'identité de la première conteuse ou du premier conteur reste incertaine. Les folkloristes classent ce type d'histoire comme un conte-type international (ATU 123), raconté sous diverses formes dans de nombreux pays.
En surface, c'est un conte d'avertissement : écouter ses parents et ne pas ouvrir à un inconnu qui se fait passer pour un proche. Il montre aussi comment fonctionne un déguisement, indice après indice : une voix peut s'imiter, une patte aussi, et les chevreaux ne se font piéger que lorsque toutes les vérifications sont passées. Le ventre ouvert puis rempli de pierres se retrouve dans « Le Petit Chaperon rouge » des Grimm, ce qui laisse penser que c'était une punition familière du loup dans les récits allemands. Enfin, l'épisode du meunier rappelle aux adultes que les gens ordinaires aident souvent les malfaisants par peur.
Ce que change la version manga
Les événements centraux du manga (les trois coups à la porte, la craie, la pâte et la farine, les cachettes, l'horloge, le sauvetage, les pierres et le puits) viennent du texte des Grimm. La série place chaque conte dans un récit-cadre où les jeunes Jacob Grimm et Wilhelm Grimm écoutent des conteuses et des conteurs à Kassel et mettent les histoires par écrit. Ce cadre est une invention du manga, qui ne prétend pas désigner une personne réelle comme source du conte. Les noms, l'apparence et la personnalité donnés aux chevreaux sont aussi des ajouts, puisque les Grimm ne les nomment jamais, tout comme le décor du village, ce que le Loup prétend apporter et l'allure de l'épicier, du boulanger et du meunier.
Cet épisode raconte aussi une grande partie de l'histoire depuis l'obscurité de l'horloge, du point de vue du petit dernier. Le texte original dit seulement qu'il s'y est caché et qu'il a tout raconté ensuite à sa mère. La scène du sauvetage est dessinée avec douceur pour les lecteurs de tous âges, et la rime du Loup est une version nouvelle écrite par l'équipe du manga.
Où le lire
Pour sentir la tension monter à chaque coup frappé à la porte et suivre la course du petit dernier jusqu'à la maison, l'épisode 2 de Contes de Grimm : Les conteurs de la forêt vous attend sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et sans inscription : vous pouvez passer directement de ce résumé au récit, puis au conte suivant de la série.
Personnages de cet épisode
Maman Chèvre
Une vieille chèvre qui aime ses sept petits, les met en garde contre le Loup, puis ouvre le ventre du Loup endormi pour les sauver et le remplit de pierres.
Le Loup
Un méchant rusé et glouton qui adoucit sa voix avec de la craie, blanchit sa patte avec de la pâte et de la farine, puis avale six chevreaux tout rond.
Les chevreaux
Les enfants de Maman Chèvre, qui démasquent deux fois le Loup avant de se faire piéger la troisième ; le conte original ne leur donne aucun nom.
Le petit dernier
Le seul à échapper au Loup en se cachant dans le coffre de l'horloge ; il raconte tout à sa mère et court chercher ciseaux, fil et aiguille.
Le meunier
Un homme qui devine la ruse du Loup mais lui blanchit tout de même la patte quand celui-ci menace de le dévorer.
Le boulanger et l'épicier
Deux personnages secondaires : l'un enduit de pâte la patte du Loup, l'autre lui vend la craie qui adoucit sa voix.
Questions fréquentes
Quelle est l'histoire du Loup et les sept chevreaux ?
Pendant l'absence de leur mère, un loup déguise sa voix et sa patte pour que sept chevreaux lui ouvrent la porte, puis il en avale six. Le plus jeune, caché dans l'horloge, échappe au Loup. La mère ouvre ensuite le ventre du Loup endormi, libère les six petits et le remplit de pierres ; le Loup tombe dans un puits et se noie.
Comment le Loup trompe-t-il les chevreaux ?
Il mange de la craie pour rendre sa voix rauque plus douce, puis fait enduire sa patte noire de pâte par le boulanger et force le meunier à la couvrir de farine. Avec une voix douce et une patte blanche, il correspond enfin aux signes décrits par leur mère.
Où se cache le plus petit chevreau ?
Le petit dernier se cache dans le coffre de l'horloge. C'est la seule cachette que le Loup ne fouille pas : il est donc le seul à ne pas être avalé.
Comment se termine Le Loup et les sept chevreaux ?
Assoiffé à cause des pierres dans son ventre, le Loup va boire au puits, est entraîné par leur poids et se noie. Les chevreaux et leur mère dansent de joie autour du puits.
Le Loup et les sept chevreaux est-il un conte de Grimm ?
Oui. C'est le conte numéro 5 (KHM 5) des Contes de l'enfance et du foyer de Jacob Grimm et Wilhelm Grimm, publiés pour la première fois en 1812 et révisés jusqu'en 1857. Des versions proches existent dans de nombreux pays (conte-type ATU 123).