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Épisode 3Sans gras ni arêtes, le plat préféré du seigneurLe sanma de Meguro

Épisode 3 des Chefs-d'œuvre du rakugo. Pour la première fois de sa vie, le seigneur a vraiment faim. Dans les champs de Meguro, il croque dans un sanma tout juste grillé par un vieux paysan et en tombe fou amoureux. Invité chez un parent, il obtient enfin son plat préféré… mais le chef cuisinier, avec le plus grand sérieux, en a retiré tout le gras et la moindre arête. Devant ce triste bol, le seigneur rend un verdict catégorique, et complètement à côté de la plaque.

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

« Meguro no sanma », que l'on peut traduire par « Le sanma de Meguro », est l'une des histoires les plus célèbres du rakugo, l'art japonais du récit comique. Les détails changent d'une version à l'autre, mais la trame la plus connue est la suivante. Un seigneur, chef d'une maison de samouraïs qui n'a jamais manqué de rien, part à cheval avec sa suite vers les champs de Meguro ; dans certaines versions, il s'agit d'une partie de chasse au faucon. Personne n'a pensé à emporter de quoi manger, et le seigneur comme ses hommes finissent par mourir de faim.

Œuvre originaleRakugo : les grands contes comiques du Japon — Japon · récits traditionnels de l’époque d’Edo ; transcriptions sténographiques de représentations (1900-1920)

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Le mythe derrière cet épisode

Le sanma de Meguro (rakugo) : résumé de l'histoire et chute expliquée

« Le sanma de Meguro » : résumé de l'histoire

« Meguro no sanma », que l'on peut traduire par « Le sanma de Meguro », est l'une des histoires les plus célèbres du rakugo, l'art japonais du récit comique. Les détails changent d'une version à l'autre, mais la trame la plus connue est la suivante. Un seigneur, chef d'une maison de samouraïs qui n'a jamais manqué de rien, part à cheval avec sa suite vers les champs de Meguro ; dans certaines versions, il s'agit d'une partie de chasse au faucon. Personne n'a pensé à emporter de quoi manger, et le seigneur comme ses hommes finissent par mourir de faim.

C'est alors qu'une odeur de poisson grillé s'échappe d'une ferme (d'une maison de thé au bord du chemin, selon d'autres versions). C'est du sanma, le balaou du Pacifique, un poisson gras et bon marché que mange le petit peuple. Le vassal proteste : un poisson aussi vulgaire n'est pas digne d'un seigneur. Celui-ci insiste pourtant, croque un sanma tout juste sorti du feu et le trouve plus délicieux que tout ce qu'il a jamais goûté.

De retour au manoir, le sanma n'apparaît jamais sur son plateau, car on ne sert pas un poisson de si basse condition à un seigneur. Un jour, chez un parent (chez lui, dans certaines versions), on lui demande ce qu'il aimerait manger, et il répond sans hésiter : du sanma ! Le chef cuisinier fait venir des poissons de premier choix du marché de Nihonbashi, le grand marché aux poissons d'Edo, l'ancien Tokyo. Craignant que ce poisson si gras ne nuise à la santé de son hôte, il en retire la graisse à la vapeur, ôte une à une les moindres arêtes et sert ce qui reste dans un bouillon délicat ou un plat du même genre. Le résultat est sec et sans saveur. Le seigneur demande d'où vient ce poisson. « Du marché de Nihonbashi, monseigneur. » Il secoue la tête et rend son verdict : c'est cette réplique qui fait la chute de l'histoire.

Qu'est-ce que le rakugo ? Le théâtre comique d'un seul conteur

Le rakugo est un art japonais du récit pratiqué depuis plusieurs siècles. Un seul conteur, le rakugoka, agenouillé sur un coussin, incarne à lui seul tous les personnages, des seigneurs aux serviteurs en passant par les paysans et les cuisiniers, avec pour seuls accessoires un éventail et une petite serviette. L'éventail devient tour à tour baguettes, sabre ou pipe, et un simple mouvement de la tête suffit à indiquer qu'un autre personnage prend la parole. Les histoires se jouent dans les yose, de petites salles de spectacle populaires, et commencent souvent par une introduction détendue, le makura, avant le récit proprement dit. La plupart se terminent sur une dernière réplique bien sentie, l'ochi ou sage, la « chute » qui clôt l'histoire sur un éclat de rire.

Contexte : le sanma, les samouraïs et Meguro à l'époque d'Edo

Pour saisir la plaisanterie, il faut savoir trois choses. D'abord, le sanma était un poisson bon marché destiné aux gens du peuple. Très gras, il dégage beaucoup de fumée à la cuisson, et à l'époque d'Edo (1603-1868) on le considérait comme un poisson vulgaire, indigne de la table d'un samouraï de haut rang. Les repas d'un seigneur obéissaient à des règles strictes de bienséance : il pouvait très bien passer sa vie entière sans jamais en goûter.

Ensuite, Meguro, aujourd'hui un quartier animé de Tokyo, n'était alors qu'une campagne de fermes aux portes d'Edo. Le lieu se trouve à l'intérieur des terres, loin de la mer : personne n'y pêchait de poisson. Enfin, le seigneur du rakugo est un personnage type : bon et sincère, mais si coupé de la vie quotidienne qu'il se méprend sur les choses les plus simples. C'est de l'écart entre son rang et son bon sens que naît le comique.

Ce que le manga a changé et ajouté

Notre manga conserve l'intrigue classique : la promenade affamée, le sanma grillé, le plat gâché et la réplique finale. Certaines parties sont en revanche de notre invention. Le seigneur et sa maison sont fictifs et ne s'inspirent d'aucun clan ni d'aucun shogun réels. Le conteur qui ouvre et clôt l'épisode, Shomontei Fukurai, est un narrateur imaginaire créé pour cette série ; son introduction, son geste de l'éventail transformé en baguettes et son salut final sont entièrement de nous.

Nous avons aussi développé des scènes que le récit oral expédie en quelques phrases : la chevauchée à travers les champs d'automne, le ventre du seigneur qui gargouille, l'odeur qui l'attire vers la ferme, l'allure et le caractère du vieux paysan de Meguro, et le visage du seigneur à la première bouchée. Le travail acharné du chef cuisinier (cuisson à la vapeur, graisse égouttée, arêtes retirées une à une à la pince) devient une séquence d'artisanat volontairement exagérée sur plusieurs cases. Les scènes où le seigneur se languit du sanma introuvable parmi les gens du manoir, ainsi que le décor du festin chez le seigneur parent, sont également des ajouts. Pour l'intrigue, nous nous sommes appuyés sur des transcriptions de rakugo publiées aux ères Meiji et Taishō (1868-1926), dues à des conteurs morts avant 1930. Le scénario lui-même a été écrit par notre équipe.

La chute (ochi ou sage) expliquée

La dernière réplique est « Sanma wa Meguro ni kagiru », que l'on peut rendre par « Pour le sanma, rien ne vaut Meguro ». Le seigneur la prononce comme un fin gourmet vante un produit du terroir, un peu comme on affirmerait que le vrai champagne ne peut venir que de Champagne.

Tout le sel tient au fait que Meguro n'avait ni mer ni sanma à elle. Ce qui rendait ce premier poisson merveilleux, c'était la faim, le feu de bois du paysan et un poisson gras et populaire mangé bien chaud. Le sanma de Nihonbashi était sans doute meilleur, mais le chef cuisinier, à force de précautions, en avait retiré tout ce qui fait son goût. Le seigneur ne le comprend jamais : il attribue la saveur au lieu plutôt qu'à la façon de cuisiner. Son verdict est complètement faux, et pourtant il dit quelque chose de vrai : un plat simple, mangé simplement, vaut mieux que toutes les versions raffinées.

Où lire le manga « Le sanma de Meguro »

Vous pouvez lire l'épisode 3 de « Chefs-d'œuvre du rakugo : douze séances de rire », intitulé « Sans gras ni arêtes, le plat préféré du seigneur — Le sanma de Meguro », ici même sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et aucune inscription n'est nécessaire. Si le verdict absurde du seigneur vous a fait sourire, les autres épisodes de la série adaptent d'autres grands classiques du rakugo en manga, chacun avec sa propre chute à découvrir.

Personnages de cet épisode

Le seigneur
Un seigneur sincère et coupé du monde qui goûte pour la première fois un sanma grillé à Meguro et associe à jamais sa saveur à ce lieu.
Le vassal
Le samouraï qui escorte le seigneur et tente de l'empêcher de manger un poisson « vulgaire » du peuple, avant de céder.
Le vieux paysan de Meguro
Un homme du peuple qui fait griller du sanma sur un feu de bois et le partage avec le seigneur affamé.
Le chef cuisinier
Le responsable méticuleux des cuisines qui retire au sanma toute sa graisse et toutes ses arêtes, et le rend immangeable.
Le seigneur parent
Un parent noble qui invite le seigneur à un festin et lui demande quel plat lui ferait plaisir.
Shomontei Fukurai
Le conteur de rakugo imaginaire créé pour cette série de manga, qui ouvre et clôt chaque épisode.

Questions fréquentes

Quelle est l'histoire du « Sanma de Meguro » ?

Un seigneur coupé du monde, affamé lors d'une sortie à Meguro, mange le sanma grillé d'un paysan et l'adore. Plus tard, chez un parent, on lui sert un sanma de premier choix dont on a retiré la graisse et les arêtes, et il le trouve infect. Il en conclut que le problème vient de l'endroit d'où provient le poisson.

Que veut dire « Sanma wa Meguro ni kagiru » ?

La phrase signifie à peu près « Pour le sanma, rien ne vaut Meguro ». Elle est drôle parce que Meguro était une campagne sans accès à la mer : le seigneur vante une « spécialité locale » qui n'en a jamais été une.

Pourquoi ne servait-on pas de sanma aux seigneurs samouraïs ?

À l'époque d'Edo, le sanma était un poisson gras et bon marché, mangé par les gens du peuple et jugé vulgaire. Les repas des samouraïs de haut rang suivaient des règles strictes de bienséance, si bien qu'un seigneur n'en recevait normalement jamais.

Qu'est-ce que le rakugo ?

Le rakugo est un art japonais du récit comique pratiqué depuis plusieurs siècles. Un seul conteur, agenouillé sur un coussin, joue tous les personnages avec pour seuls accessoires un éventail et une serviette. La plupart des histoires se terminent par une chute appelée ochi ou sage.

Le narrateur Shomontei Fukurai est-il un vrai conteur de rakugo ?

Non. Shomontei Fukurai est un conteur imaginaire créé pour la série « Chefs-d'œuvre du rakugo : douze séances de rire ». Ses scènes d'ouverture et de conclusion sont propres au manga.

Lire le manga depuis le début (gratuit)