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Épisode 2Même son souffle tue… alors on a regardéBusu

Avant de sortir, le Daimyo laisse derrière lui un baquet de « busu », un poison si redoutable que le simple vent qui en souffle suffit à tuer. Restés seuls pour garder la maison, Taro Kaja et Jiro Kaja sont morts de peur… mais aussi de curiosité. Et quand ils découvrent ce qu’il y a dedans, ils retournent le mensonge de leur maître contre lui. Un des kyōgen les plus aimés du Japon, étudié à l’école.

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

Le maître de maison doit s’absenter. Il appelle ses deux serviteurs, Taro Kaja et Jiro Kaja, et leur confie la garde de la demeure. Avant de partir, il leur montre un baquet couvert : il contiendrait du busu, un poison si puissant que la simple brise qui en vient suffit à tuer quiconque la reçoit. Interdiction absolue de s’en approcher. Puis il s’en va. Évidemment, cet avertissement ne fait qu’attiser leur curiosité. Les deux compères s’avancent vers le baquet en agitant leurs éventails de toutes leurs forces, pour renvoyer l’air mortel dans l’autre sens, puis soulèvent le couvercle.

Œuvre originaleKyogen: Japan's 600-Year-Old Comedy — Japon · 室町時代〜江戸時代(『狂言記』1660年刊)

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L’histoire originale derrière cet épisode

Busu, kyōgen japonais : résumé, personnages et le sucre « empoisonné »

En bref : Busu est une courte pièce comique du théâtre kyōgen japonais : un maître prétend qu’un baquet contient un poison mortel, le busu, pour éloigner ses deux serviteurs, Taro Kaja et Jiro Kaja. Ils découvrent qu’il s’agit de sucre, le mangent jusqu’au dernier grain et retournent le mensonge de leur maître contre lui. La pièce est jouée par les écoles Ōkura et Izumi, et une histoire très proche figure dans le Shasekishū, un recueil bouddhique du XIIIᵉ siècle.

Résumé de Busu : l’histoire originale

Le maître de maison doit s’absenter. Il appelle ses deux serviteurs, Taro Kaja et Jiro Kaja, et leur confie la garde de la demeure. Avant de partir, il leur montre un baquet couvert : il contiendrait du busu, un poison si puissant que la simple brise qui en vient suffit à tuer quiconque la reçoit. Interdiction absolue de s’en approcher. Puis il s’en va.

Évidemment, cet avertissement ne fait qu’attiser leur curiosité. Les deux compères s’avancent vers le baquet en agitant leurs éventails de toutes leurs forces, pour renvoyer l’air mortel dans l’autre sens, puis soulèvent le couvercle. Taro Kaja n’y tient plus et goûte. Surprise : ce n’est pas du poison, c’est du sucre, et il est délicieux. Jiro Kaja y goûte à son tour, et les deux se disputent le contenu jusqu’à ce que le baquet soit vide.

Reste à trouver une excuse. Taro Kaja a une idée audacieuse : il déchire le précieux rouleau suspendu du maître, et un bol à thé tenmoku posé sur son support, objet de grande valeur, finit lui aussi brisé. Au retour du maître, les deux serviteurs l’accueillent en larmes. Ils expliquent qu’ils luttaient au sumo pour ne pas s’endormir et ont cassé ces trésors par accident. Pour se punir, ils ont voulu mourir en avalant le busu… mais une bouchée ne les a pas tués, deux non plus. Ils racontent tout cela dans une complainte à moitié chantée. Comprenant qu’il a été berné, le maître crie « Yarumaizo, yarumaizo ! » (à peu près « Ne les laissez pas filer ! ») et les poursuit hors de scène. C’est sur cette course-poursuite que la pièce se termine.

Les personnages principaux

Le kyōgen repose sur des personnages types, et Busu en offre un exemple limpide. Le maître est un homme prudent, un peu rusé, qui préfère mentir plutôt que partager son sucre. Taro Kaja est le serviteur principal et le moteur de l’intrigue : c’est lui qui goûte le premier et invente l’excuse. Jiro Kaja est son complice ; il participe à tout, mais dans de nombreuses versions il suit plutôt l’initiative de Taro. La répartition exacte des rôles, par exemple qui brise quel trésor, varie selon les écoles, les textes et les versions scolaires.

Ce que raconte Busu : le kyōgen et son époque

Le kyōgen est un théâtre comique né aux côtés du nô, le grand drame masqué et solennel du Japon. Il prend forme vers les XIVᵉ et XVᵉ siècles, à l’époque de Muromachi, d’où l’idée d’une comédie vieille de six siècles. Traditionnellement, une pièce de kyōgen est jouée entre deux pièces de nô : là où le nô met en scène fantômes et tragédies, le kyōgen montre des gens ordinaires, serviteurs, maîtres, paysans et escrocs.

Busu illustre l’un des ressorts favoris du genre : le serviteur qui se joue de son maître. Le maître a le pouvoir, mais il se fait prendre à son propre mensonge. Il a inventé l’histoire du poison pour garder le sucre pour lui, et les serviteurs n’ont qu’à la reprendre à leur compte. Dans le Japon médiéval, le sucre était un luxe rare et coûteux, ce qui explique qu’il le garde aussi jalousement. Le mot busu (附子) désigne d’ailleurs un vrai poison tiré de la racine d’aconit : pour le public de l’époque, la menace paraissait crédible.

Une histoire très semblable figure dans le Shasekishū (« Recueil de sable et de cailloux »), un livre de récits bouddhiques du XIIIᵉ siècle. Un moine y affirme à un jeune novice que ses friandises sont du poison ; le garçon casse la précieuse jarre à eau du moine, mange les friandises, puis explique qu’il a voulu mourir en avalant le poison, sans succès. On la présente souvent comme l’une des sources de Busu. Aujourd’hui, Busu est l’une des pièces de kyōgen les plus connues et figure dans les manuels scolaires japonais : beaucoup de Japonais découvrent le théâtre classique grâce à cette blague sucrée.

Ce que le manga a changé

Le manga suit fidèlement l’intrigue originale : l’avertissement, les éventails, le sucre, les trésors brisés, l’excuse chantée et la poursuite finale. Certains détails sont toutefois ajoutés ou amplifiés pour la bande dessinée.

Le changement principal : dans le texte original, le maître est simplement « le maître » (shu), et non un seigneur. Pour cette série, le manga confie ce rôle à son personnage récurrent, le Daimyo. Sa destination et la raison de son départ sont aussi des inventions du manga, tout comme la comédie exagérée de l’approche du baquet, les coups d’éventail frénétiques, les visages des serviteurs au premier goût de sucre et la bagarre burlesque qui suit. Le manga accentue aussi le contraste entre les deux : Taro devient plus manipulateur, Jiro un peu plus craintif. L’apparence du rouleau et du bol à thé, la maison et les costumes de l’époque de Muromachi, la complainte qui continue de compter au-delà de deux bouchées et ce qui arrive à la fin de la poursuite relèvent de choix créatifs. L’original s’arrête simplement sur le maître chassant ses serviteurs.

Où le lire

Envie de voir Taro Kaja et Jiro Kaja avancer à coups d’éventail vers le baquet « empoisonné » ? L’épisode 2 de Kyōgen : six siècles de rire, « Même son souffle tue… alors on a regardé — Busu », vous attend ici même sur Manga Portal. Tous les épisodes sont gratuits et aucune inscription n’est nécessaire. C’est une porte d’entrée simple et rapide vers une comédie qui fait rire le Japon depuis des siècles, et les autres épisodes donnent vie à d’autres serviteurs, maîtres et ruses du kyōgen.

Personnages de cet épisode

Le Daimyo (le maître)
Le chef de maison qui fait passer son sucre pour un poison mortel afin de le garder pour lui ; dans la pièce originale, il est simplement « le maître ».
Taro Kaja
Le serviteur principal, curieux et vif d’esprit, qui goûte le premier le « poison » et invente l’excuse la plus folle.
Jiro Kaja
Le compagnon et complice de Taro Kaja, qui partage le sucre et la comédie des larmes, en suivant généralement l’initiative de Taro.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Busu dans le théâtre kyōgen ?

Busu est une courte pièce comique du kyōgen japonais. Un maître fait croire à ses deux serviteurs qu’un baquet contient un poison mortel appelé busu, alors qu’il s’agit de sucre. Les serviteurs le mangent entièrement et retournent le mensonge contre lui ; la pièce est jouée par les écoles Ōkura et Izumi.

Que signifie le mot « busu » ?

Busu (附子) est le nom d’un vrai poison tiré de la racine d’aconit. Dans la pièce, le maître emploie ce nom pour effrayer ses serviteurs et les tenir loin de son sucre.

Comment se termine Busu ?

De retour chez lui, le maître trouve son sucre disparu et ses trésors brisés. Les serviteurs prétendent avoir voulu se donner la mort en mangeant le poison. Comprenant la supercherie, il crie « Yarumaizo, yarumaizo ! » et les poursuit hors de scène, une fin classique du kyōgen.

Qui sont Taro Kaja et Jiro Kaja ?

Ce sont des serviteurs types que l’on retrouve dans de nombreuses pièces de kyōgen. Taro Kaja est le serviteur principal et le meneur comique, Jiro Kaja son second. Ensemble, ils dupent souvent leur maître… ou se font prendre.

Busu s’inspire-t-il d’une histoire plus ancienne ?

Un récit très proche apparaît dans le Shasekishū, un recueil bouddhique du XIIIᵉ siècle, où un jeune novice mange les friandises « empoisonnées » que cachait son moine. On le cite souvent comme l’une des sources de la pièce.

Lire le manga depuis le début (gratuit)