Épisode 4La règle des chevaliers est née d’une terrible erreurLe jeune Gauvain et le serment de la Table ronde
Adoubé le jour des noces du roi Arthur, le jeune Gauvain brûle de se couvrir de gloire. Quand on tue ses chiens, la colère l’aveugle : il refuse la grâce à un chevalier vaincu, et la dame qui se jette entre eux meurt de sa main. Gauvain ne fuit pas. Il rapporte sa honte jusqu’à la cour, et le serment qu’il y prête devient celui de tous les chevaliers de la Table ronde.
Gauvain et le serment de la Table ronde : résumé de la légende
Le récit d’origine : des noces, une table et un cerf blanc
Cet épisode vient du Morte d’Arthur, la grande somme des légendes arthuriennes rédigée en anglais par sir Thomas Malory et imprimée par William Caxton en 1485. Dans l’édition de Caxton, les chapitres 1 à 15 du livre III racontent comment le roi Arthur prend épouse, comment naît la Table ronde et comment ses chevaliers reçoivent leurs premières règles.
Pressé par les seigneurs et barons de se marier, Arthur avoue son amour pour Guenièvre, fille du roi Léodagan de Carmélide. Merlin, l’enchanteur qui conseille le roi et voit l’avenir, le met en garde en secret : un jour, Lancelot l’aimera, et elle l’aimera en retour. Arthur ne change pas d’avis. Ravi, le roi Léodagan offre en cadeau de noces la Table ronde, qu’il tenait d’Uther Pendragon, le père d’Arthur. Elle compte cent cinquante places, et cent chevaliers l’accompagnent.
Merlin part chercher de quoi compléter les sièges, mais ne trouve que vingt-huit chevaliers. L’archevêque de Cantorbéry bénit les places, et lorsque les chevaliers se lèvent pour rendre hommage au roi, chacun découvre son nom écrit en lettres d’or sur son siège. Certaines places restent vides, dont le Siège périlleux, réservé à un seul chevalier élu : quiconque d’autre s’y assoit est anéanti.
Le jeune Gauvain, fils du roi Lot et neveu d’Arthur, demande à être adoubé le jour des noces, ce que le roi accepte. Pendant le festin, un cerf blanc fait irruption dans la salle, poursuivi par un petit chien de chasse blanc, un brachet, et par une meute de chiens noirs. Un chevalier s’empare du brachet, puis la demoiselle au brachet est enlevée de force. Sur le conseil de Merlin, trois quêtes commencent : Gauvain suit le cerf, Tor le brachet, et le roi Pellinore la dame.
La quête de Gauvain et son erreur fatale
Gauvain part avec son jeune frère Gaheriet pour écuyer. Ses chiens poursuivent le cerf blanc jusque dans un château et le tuent dans la grande salle. Le seigneur des lieux, Ablamar des Marais, sort alors et abat les chiens, car le cerf était un présent de sa dame. Fou de colère, Gauvain le combat pour venger ses bêtes.
Vaincu, Ablamar demande grâce. Gauvain refuse et lève l’épée pour le décapiter. À cet instant, la dame d’Ablamar se jette sur son époux pour le protéger, et le coup lui tranche la tête. Gaheriet reproche durement à son frère son manque de pitié : un chevalier sans merci n’a pas d’honneur. Blessé ensuite par une flèche lors d’une attaque des gens du château, Gauvain n’a la vie sauve que grâce aux dames qui intercèdent pour lui. En punition, il doit rentrer à la cour la tête de la morte pendue à son cou et son corps posé devant lui sur son cheval.
Le serment de la Pentecôte
À Camelot, Merlin oblige Gauvain à raconter toute l’histoire. Sur l’ordre de la reine Guenièvre, une assemblée de dames le juge : toute sa vie, il devra combattre pour les dames et ne jamais refuser la grâce à qui la demande. Il le jure sur les quatre Évangiles. Tor, lui, réussit sa quête. Pellinore ramène la dame, nommée plus tard Nimue, mais il a ignoré en chemin une jeune femme qui implorait son aide : c’était sa propre fille, et des lions l’ont dévorée.
Enfin, Arthur distribue des terres à ses chevaliers et leur fait jurer de ne jamais commettre d’outrage ni de meurtre, de fuir la trahison, d’accorder la grâce à qui la demande, de secourir les dames et de ne jamais combattre dans une querelle injuste par intérêt. Selon Malory, les chevaliers de la Table ronde renouvelaient ce serment chaque année à la Pentecôte.
Ce que raconte cette légende
Malory écrit à la fin du Moyen Âge, dans une Angleterre déchirée par la guerre civile, où la violence des chevaliers n’a rien d’imaginaire. Dans cet épisode, l’idéal chevaleresque ne tombe pas du ciel : il naît d’un échec. Gauvain n’est pas un méchant, mais un jeune homme fier et emporté dont l’orgueil coûte une vie innocente. Le code de la Table ronde répond précisément à ce genre de faute.
Les trois quêtes forment aussi une leçon en trois volets : Tor agit bien et réussit, Gauvain manque de pitié, Pellinore est trop pressé pour secourir une personne en détresse. On lit souvent le serment de la Pentecôte comme la définition du bon chevalier selon Malory, mais la suite du livre ne cesse de mettre à l’épreuve la sincérité avec laquelle les chevaliers le respectent.
Ce que le manga change
Le manga suit les grandes étapes de Malory : l’adoubement de Gauvain, le cerf blanc, la mort de la dame, la punition et le serment, dont les promesses restent fidèles à l’original. Chez Malory, la dame d’Ablamar n’a ni nom ni histoire ; le manga lui donne un visage et un lien tendre avec son époux. Les sentiments de Gauvain pendant le long retour et les regards de la cour sont également des créations du manga, car Malory se contente de rapporter les faits.
Guenièvre parle à peine dans ce passage : le manga révèle son caractère par ses expressions. Les noms d’or lumineux, la mise en scène du festin, le ton des reproches de Gaheriet et la cérémonie du serment sont des choix visuels. Les quêtes de Tor et de Pellinore sont résumées en quelques cases, sans en changer l’issue.
Où le lire
Pour voir le cerf blanc surgir au milieu du festin et Gauvain s’agenouiller devant la cour, lisez l’épisode 4 de La légende du roi Arthur : Le crépuscule de la Table ronde, « La règle des chevaliers est née d’une terrible erreur ». Tous les épisodes sont gratuits sur Manga Portal, sans inscription : vous pouvez reprendre l’histoire d’Arthur depuis le début ou plonger directement dans la quête de Gauvain.
Personnages de cet épisode
Le roi Arthur
Roi de Bretagne qui épouse Guenièvre, fonde la compagnie de la Table ronde et fait jurer à ses chevaliers le serment de la Pentecôte.
Guenièvre
Fille du roi Léodagan et nouvelle reine, qui ordonne à une assemblée de dames de juger Gauvain.
Merlin
Enchanteur et conseiller d’Arthur, qui prédit l’amour de Guenièvre et de Lancelot et lance les trois quêtes.
Gauvain
Jeune neveu d’Arthur, adoubé le jour des noces, dont le refus d’accorder la grâce cause la mort d’une dame.
Gaheriet
Frère cadet et écuyer de Gauvain, qui lui rappelle qu’un chevalier sans pitié n’a pas d’honneur.
Le roi Pellinore
Roi guerrier qui ramène la dame enlevée, mais abandonne en chemin une jeune femme qui se révèle être sa propre fille.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le serment de la Pentecôte dans la légende du roi Arthur ?
C’est le serment qu’Arthur fait prêter aux chevaliers de la Table ronde dans Le Morte d’Arthur de Malory. Ils promettent de fuir l’outrage, le meurtre et la trahison, d’accorder la grâce, de secourir les dames et de ne jamais combattre pour une cause injuste. Ils le renouvelaient chaque année à la Pentecôte.
Pourquoi Gauvain a-t-il tué une dame ?
En poursuivant le cerf blanc, Gauvain vainc Ablamar des Marais, qui avait tué ses chiens, et refuse de lui accorder la grâce. Au moment du coup, la dame d’Ablamar se jette sur son époux, et Gauvain lui tranche la tête par accident.
Quelle a été la punition de Gauvain ?
Il a dû rentrer à Camelot avec la tête de la morte autour du cou et son corps sur son cheval. Une assemblée de dames lui a ensuite fait jurer de combattre pour les dames toute sa vie et de ne jamais refuser la grâce.
Qui a offert la Table ronde au roi Arthur ?
Chez Malory, c’est le roi Léodagan, père de Guenièvre, qui l’offre en cadeau de noces. Il l’avait reçue d’Uther Pendragon, le père d’Arthur, et elle comptait cent cinquante places.
Qu’est-ce que le Siège périlleux ?
C’est une place de la Table ronde réservée à un seul chevalier élu. Selon Malory, toute autre personne qui s’y assoit est anéantie.