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Épisode 2Il venait épier le benêt… et vit cinq cents lancesL'entrevue du Shotoku-ji

Le vieux seigneur Saito Dosan veut épier son gendre, ce « Grand Benêt » d'Owari dont tout le monde se moque, par les fentes d'une cabane à l'entrée de la ville, pour mieux rire de lui. Mais derrière le gendre défilent cinq cents lances vermillon… et au temple l'attend un jeune seigneur en grande tenue, comme personne ne l'avait jamais vu.

19 pagesGratuit · Sans inscription

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Résumé de l'épisode

Le premier livre du Shincho Koki, la chronique de la vie d'Oda Nobunaga écrite par son vassal Ota Gyuichi, contient une scène courte et très célèbre. À la fin du quatrième mois, Saito Dosan (appelé Yamashiro Dosan dans le texte), seigneur de la province de Mino, propose à son jeune gendre, Oda Nobunaga d'Owari, de le rencontrer au Shotoku-ji. Ce temple se trouve à Tonda, une riche ville de temple d'environ sept cents foyers. La chronique ne précise pas l'année, mais on situe généralement l'entrevue en 1553. L'invitation cache une intention moqueuse.

Œuvre originaleOda Nobunaga: The Demon King of the Warring States — Japon · 慶長15年(1610年)ごろ

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L’histoire originale derrière cet épisode

Oda Nobunaga et Saito Dosan au Shotoku-ji : résumé de l'entrevue

En bref : L'entrevue du Shotoku-ji est un épisode du Shincho Koki, la chronique d'Ota Gyuichi : Saito Dosan, seigneur de Mino, veut épier son gendre Oda Nobunaga, que tout le monde traite d'idiot, pour mieux rire de lui. Il découvre un jeune seigneur escorté d'environ cinq cents lances vermillon, qui se présente ensuite au temple en tenue de cérémonie impeccable. Dosan repart convaincu que ses propres fils serviront un jour ce « benêt ».

Le récit d'origine : une invitation pleine d'arrière-pensées

Le premier livre du Shincho Koki, la chronique de la vie d'Oda Nobunaga écrite par son vassal Ota Gyuichi, contient une scène courte et très célèbre. À la fin du quatrième mois, Saito Dosan (appelé Yamashiro Dosan dans le texte), seigneur de la province de Mino, propose à son jeune gendre, Oda Nobunaga d'Owari, de le rencontrer au Shotoku-ji. Ce temple se trouve à Tonda, une riche ville de temple d'environ sept cents foyers. La chronique ne précise pas l'année, mais on situe généralement l'entrevue en 1553.

L'invitation cache une intention moqueuse. Partout, on dit que Nobunaga est un tawake, un idiot : le Grand Benêt d'Owari. Dosan veut le voir de ses propres yeux et bien en rire. Il fait aligner sept ou huit cents de ses vieux vassaux, en tenue de cérémonie, le long de la galerie du temple, pour que le gendre doive passer devant eux. Puis il se glisse en secret dans une petite maison à l'entrée de la ville, afin d'observer le cortège à travers les fentes.

Ce que Dosan découvre : un benêt… et une armée

Nobunaga ressemble exactement à sa réputation. Ses cheveux sont noués en un chignon en forme de fouet à thé, attaché d'un cordon vert pâle. Il porte un léger kimono de bain aux manches arrachées, les poignées de ses sabres sont entourées de corde, et sept ou huit bourses et gourdes pendent à sa ceinture, comme chez un montreur de singes. Son pantalon court est taillé dans des peaux de tigre et de léopard.

Mais derrière cette silhouette étrange marchent sept ou huit cents hommes. Des coureurs ouvrent la route, et l'armée de Nobunaga porte environ cinq cents lances vermillon longues de trois ken et demi (près de six mètres), ainsi qu'environ cinq cents arcs et arquebuses. Le prétendu idiot arrive avec une troupe sérieuse et bien équipée.

Au temple, Nobunaga fait dresser des paravents autour de lui. Il y noue pour la première fois de sa vie ses cheveux en chignon de cérémonie, enfile un long hakama brun que personne ne savait préparé et porte un petit sabre fait en secret. Quand il paraît, ses propres hommes sont stupéfaits et se demandent si toute sa folie n'était qu'un jeu. Il passe devant les vassaux de Mino comme s'ils n'existaient pas et s'adosse à un pilier de la galerie. Lorsque Hotta Doku lui annonce enfin : « Voici le seigneur Yamashiro », il répond simplement « Dearu ka » (« Ah, vraiment ? »), salue et prend place. Les deux hommes mangent du yuzuke, du riz arrosé d'eau chaude, échangent des coupes de saké et se séparent sans incident.

Le retour : la prophétie amère de Dosan

Dosan repart avec la mine de quelqu'un qui mâche un remède amer, en disant seulement qu'ils se reverront bientôt. La chronique note un détail révélateur : les lances de Mino sont courtes, celles d'Owari sont longues. Sur le chemin, son vassal Inoko Hyosuke affirme que Nobunaga est, quoi qu'on en dise, un benêt. Dosan répond que c'est justement ce qui le chagrine : ses fils finiront par attacher leurs chevaux devant la porte de ce benêt, autrement dit par devenir ses vassaux. Dès lors, selon la chronique, plus personne n'osa traiter Nobunaga d'idiot devant Dosan.

Le contexte : l'époque des Royaumes combattants

La scène se déroule pendant l'époque Sengoku, dite des Royaumes combattants, où les seigneurs régionaux se disputaient terres et survie. Les mariages servaient souvent à sceller la paix entre voisins, et c'est ainsi que Nobunaga était devenu le gendre de Dosan. Une rencontre entre eux était donc une épreuve où chacun mesurait la force de l'autre.

L'épisode se lit à deux niveaux. En surface, c'est un retournement comique : celui qui voulait rire est pris à son propre piège. En profondeur, il montre comment un vieux chef de guerre évalue la puissance : Dosan se moque du kimono de bain, mais il remarque les longues lances et les armes à feu. L'histoire postérieure donne raison à sa crainte, puisque Nobunaga prit le contrôle de Mino quelques années après la mort de Dosan. La chronique, elle, s'arrête sur l'avertissement du vieux seigneur.

Ce que le manga change ou ajoute

Le Shincho Koki est très bref : il mentionne le repas et le saké, mais ne rapporte aucune parole en dehors du « Dearu ka ». Le manga prête aux deux hommes quelques répliques courtes dans la salle d'audience, en restant sobre pour que la scène d'origine reste reconnaissable.

Sont aussi des ajouts du manga : les expressions et les murmures de Dosan, surnommé ici « la Vipère », pendant qu'il épie depuis la cabane, ses échanges avec la suite de Mino, les détails du changement de tenue derrière les paravents et la façon dont Nobunaga aurait préparé ses habits en secret (la chronique dit seulement que personne n'en savait rien). La météo, les bâtiments du temple, les rues de Tonda, l'ordre de marche et le type exact des armes relèvent également de l'imagination de l'auteur. L'épouse de Nobunaga, fille de Dosan, n'apparaît pas dans ce passage : toute scène où elle figure est une création.

Où le lire

Pour voir prendre vie la cabane, les lances vermillon et ce changement de tenue spectaculaire, l'épisode 2 d'Oda Nobunaga : le Roi-Démon des Royaumes combattants raconte la scène case par case, au plus près du Shincho Koki, tout en comblant les silences de la chronique. Comme toutes les séries de Manga Portal, il se lit gratuitement et sans inscription : vous pouvez commencer par l'épisode 1 ou plonger directement dans l'entrevue du Shotoku-ji.

Personnages de cet épisode

Oda Nobunaga
Jeune seigneur d'Owari moqué comme « le Grand Benêt », qui arrive vêtu de façon extravagante avec une armée puissante, puis paraît en tenue de cérémonie irréprochable.
Saito Dosan
Vieux seigneur de Mino et beau-père de Nobunaga, venu rire du « benêt », qui repart inquiet pour l'avenir de sa maison.
Hotta Doku
Vassal de Dosan qui invite Nobunaga à entrer, lui présente son maître et sert le repas.
Kasuga Tango
Vassal de Mino qui, avec Hotta Doku, prie Nobunaga d'entrer dans la salle.
Inoko Hyosuke
Vassal de Dosan qui, sur le chemin du retour, soutient que Nobunaga reste un idiot et provoque la célèbre prédiction de son maître.
Ota Gyuichi
Ancien vassal de Nobunaga et auteur du Shincho Koki, la chronique qui rapporte cette entrevue.

Questions fréquentes

Pourquoi Saito Dosan voulait-il rencontrer Oda Nobunaga ?

Selon le Shincho Koki, tout le monde disait que Nobunaga était un idiot, et Dosan voulait le voir en personne pour se moquer de lui. Il fit même aligner des centaines de vassaux en tenue de cérémonie et observa le cortège en cachette depuis une petite maison.

Quand a eu lieu l'entrevue du Shotoku-ji ?

La chronique indique seulement la fin du quatrième mois, sans préciser l'année. On la date généralement de 1553 (22e année de l'ère Tenbun).

Que signifie « Dearu ka » ?

C'est la brève réponse de Nobunaga lorsqu'on lui présente Dosan, qu'on peut rendre par « Ah, vraiment ? ». Son ton calme, presque indifférent, en a fait l'une des répliques les plus associées à Nobunaga.

Oda Nobunaga était-il vraiment un « benêt » ?

Le Shincho Koki suggère que non : son armée était bien armée, et en le voyant en tenue de cérémonie, ses propres hommes se demandèrent si sa folie était feinte. Dosan lui-même conclut que ses fils finiraient par servir Nobunaga.

Qu'est-ce que le Shincho Koki ?

C'est une chronique de la vie d'Oda Nobunaga écrite par Ota Gyuichi, qui l'a servi. C'est l'une des principales sources des historiens sur Nobunaga, et son premier livre couvre sa jeunesse, dont cette entrevue.

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